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Accueil du site || Vecteurs || Méthodes de lutte || Application de répulsifs sur les animaux
L’efficacité de la protection des animaux lors d’application de répulsifs n’est pas prouvée et dans tous les cas ne se manifeste que pendant une courte durée. L’emploi de ces produits n’apparaît donc pas adapté à la lutte contre les vecteurs.

Les répulsifs sont des molécules volatiles qui visent à repousser les vecteurs et ainsi protéger les animaux de leur piqûre.

Il peut s’agir de produits naturels (essences de plantes) ou de produits chimiques de synthèse. Certains produits, insecticides à forte dose, pourront, appliqués à dose plus faible, être simplement répulsifs.

Une action incertaine et incomplète sur les vecteurs de la fièvre catarrhale

Le répulsif le plus connu et le plus étudié est sans doute le DEET (diethyl toluamide) considéré comme efficace pour se protéger de Culicoides imicola. Il sert généralement de référence.

Différentes substances, synthétiques ou dérivées de plantes, sont étudiées comme alternatives à l’emploi du DEET : répulsifs extraits de l’Eucalyptus (PMD [1]), picaridine [2],... La picaridine et, parmi les essences extraites des plantes, l’huile de Neem (arbre d’origine tropicale) semblent avoir une activité protectrice chez l’homme contre Culicoides impunctatus (Culicoides présent en Ecosse). Leur efficacité chez les ruminants n’a cependant pas été évaluée.

De plus, certains répulsifs de type "push and pull" [3] ont une action répulsive vis-à-vis de certaines espèces de Culicoides mais attractrice pour d’autres... C’est le cas de l’essence d’Eucalyptus, répulsive vis-à-vis des moustiques mais qui attire plutôt qu’elle n’éloigne Culicoides imicola ou Culicoides sonorensis.

Une action limitée dans le temps

La durée de l’effet dissuasif des répulsifs sur Culicoides imicola est estimée à :

  • 4 heures pour le DEET,
  • 9 heures pour le Pyréthroïde-T (classe II).

Soit une durée de protection pouvant couvrir au maximum une nuit.

En conséquence...

L’emploi de répulsifs présente plusieurs inconvénients :

  • Il reste de nombreuses incertitudes sur l’efficacité des traitements. En particulier, il n’y a pas de références (efficacité et rémanence) pour les Culicoides présents en Europe.
  • La persistance des produits ne dépasse pas quelques heures.
  • L’utilisation de répulsifs déplace le site de piqûre d’un animal vers un autre moins bien protégé.
  • Il n’existe pas pour l’instant de répulsifs agréés.

D’efficacité temporaire et limitée, les répulsifs ne peuvent être employés au mieux qu’en complément d’autres mesures de lutte anti-vectorielle.

notes:

[1] para-menthane-3,8-diol

[2] BayRepel dont le principe actif est le KBR 3023

[3] "qui repousse et éloigne"