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Accueil du site || Maladie et impacts || Virus et réponse de l’animal || Le virus de la fièvre catarrhale ovine

Le virus responsable de la fièvre catarrhale ovine appartient au genre des Orbivirus dans la famille des Réoviridae.

Morphologie du virus

Sur le plan morphologique, il comporte une capside (ou membrane) externe et une capside interne de symétrie icosaédrique. La capside interne protège le génome viral composé de 10 segments d’ARN double-brin de différentes tailles.

- Capsides interne et externe sont de nature protéique. Les protéines qui les composent sont au nombre de sept : VP 1 à VP7.

  • La capside externe est composée de 2 protéines structurales majeures VP2 et VP5. VP2 est une protéine peu conservée chez les virus de la fièvre catarrhale et intervient de ce fait dans le typage des souches virales (définition de nucléotypes en fonction des gènes codant pour la protéine VP2).
  • La capside interne est composée de deux protéines structurales majeures (VP7 et VP3) et de trois protéines structurales mineures (VP1, VP4 et VP6). VP7 est une protéine structurale commune aux différents sérotypes viraux. Le diagnostic sérologique (test ELISA) de la fièvre catarrhale repose sur la détection d’anticorps dirigés contre cette protéine.

Schéma du virus de la fièvre catarrhale

- Lors de la multiplication du virus, des protéines non structurales (NS1 à NS3) sont produites :

  • NS1 intervient dans le processus de développement de la forme du virus (morphogénèse) ;
  • NS2 joue un rôle dans l’organisation du génome ;
  • NS3 est impliqué dans la libération du virus hors de la cellule où il s’est multiplié.

Pour voir la morphogénèse du virus en 3D, une vidéo est disponible à l’adresse suivante :
http://www.reoviridae.org/dsRNA_virus_proteins/BTV.htm en cliquant sur « Assembly of the major protein components of the BTV virus particle. »

Sérotypes et variabilité génétique

A ce jour, on distingue 24 sérotypes différents. A l’intérieur d’un même sérotype, il existe une grande variabilité de souches.

Des dérives génétiques sont observées. Elles sont liées à un ensemble de phénomènes :
-  Le génome viral peut subir des mutations.
-  Des variations génomiques sont observées à la suite des passages successifs du virus entre vecteurs et espèces sensibles.
-  L’organisation du génome sous forme de segments favorise des ré-assortiments génétiques entre virus différents en cas de co-existence de plusieurs souches ou sérotypes au sein d’un même cheptel ou de co-infection chez un même animal (ruminant ou vecteur).

Un virus d’un sérotype donné peut induire ou non une protection croisée vis-à-vis d’un virus d’un autre sérotype selon sa proximité antigénique avec celui-ci. Un lien a été établi entre des réactions croisées fortes et l’appartenance à un même nucléotype.

En ce qui concerne les sérotypes 1 et 8 sévissant à l’heure actuelle en France métropolitaine, on constate que :

  • Le virus de sérotype 8 (BTV8) apparaît relativement isolé des autres virus présents en Europe sur le plan antigénique (voir schéma ci-dessous). Il n’a de proximité antigénique importante qu’avec le sérotype 18 appartenant au même nucléotype, D.
  • Le virus de sérotype 1 est seul dans son nucléotype et ne présente que des réactions croisées faibles avec les virus de sérotypes 2 et 9.

Relations antigéniques entre les différents sérotypes de la FCO

L’immunité croisée entre sérotypes distincts est donc nulle ou au mieux très partielle. D’où le recours à l’heure actuelle en France à des vaccins spécifiques pour chaque sérotype.
La vaccination (ou l’infection naturelle) contre les virus de sérotypes 1 et 8 n’est pas en mesure de conférer une immunité suffisante vis-à-vis de l’ensemble des sérotypes viraux pour qu’une infection par un virus d’un autre sérotype puisse demeurer totalement silencieuse au sein d’une population infectée.

Répartition géographique des différents sérotypes

La distribution des différents sérotypes dans le monde est présentée ci-dessous de manière schématique.

Distribution globale des différents sérotypes de virus de la FCo dans le monde

Cette distribution est dynamique... D’une année à l’autre, un sérotype peut ne plus être présent dans une zone géographique donnée ou inversement apparaître dans une nouvelle région...

En combinant les résultats obtenus au travers de la surveillance de la maladie, des tests de diagnostic et des études d’épidémiologie moléculaire, il est possible d’avoir une image de la colonisation de l’Europe par le(s) virus de la FCO.

Plusieurs voies de progression des épizooties observées en Europe peuvent être décrites :

- en provenance de l’Est via la Turquie et Chypre,
- à partir du nord de l’Afrique (Algérie, Tunisie) vers l’Italie et les îles méditerranéennes,
- à partir du Maroc vers le sud de l’Espagne et le Portugal,
- par une voie qui reste encore à préciser vers le nord de l’Europe...


Pour en savoir plus :

De plus amples informations sur le virus (structure, épidémiologie) sont disponibles sur un site dédié aux virus à ARN : www.reoviridae.org/dsRNA_virus_proteins/