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Accueil du site || Maladie et impacts || Symptomes et impacts || Prévalence sérologique de la fièvre catarrhale à sérotype 8 au cours de l’hiver 2007-2008

Une journée d’information et d’échanges sur la fièvre catarrhale ovine a été organisée dans le cadre du Réseau Français pour la Santé Animale (RFSA) le 21 janvier 2009.

Au cours de cette journée, B. Durand (AFSSA Lerpaz) a rapporté les travaux réalisés en matière de séroprévalence de la fièvre catarrhale de sérotype 8 au cours de l’hiver 2007-2008 : une façon d’évaluer aussi la part des infections des cheptels passées inaperçues en l’absence de signes cliniques manifestes sur les animaux de l’élevage.

Une enquête sérologique a été menée afin d’estimer la séroprévalence de la FCO occasionnée par le virus de sérotype 8 (BTV8) au cours de l’hiver 2007-2008 :
-  en termes de cheptels : proportion de cheptels « séropositifs » c’est à dire comportant au moins un animal positif ou douteux,
-  en termes individuels : proportion globale des animaux positifs ou douteux
-  à l’intérieur des troupeaux : proportion des animaux positifs ou douteux intra-élevage.

Données disponibles

-  Des analyses réalisées dans un panel de troupeaux répartis dans sept départements sélectionnés sur la base du nombre de foyers cliniques déclarés en 2007 :

  • Ardennes (1405 foyers), Cher (102 foyers), Indre (14 foyers), Ille et Vilaine (1 foyer) : en élevages bovins allaitants, bovins laitiers, ovins et caprins.
  • Loir et Cher ( 27 foyers), Indre et Loire (7 foyers), Maine et Loire (1 foyer) : en élevages bovins allaitants.

-  Données issues des analyses réalisées au cours de l’hiver 2007-2008 (20 000 prélèvements sur des animaux issus d’environ 800 cheptels)

  • dans le cadre du dépistage obligatoire de la brucellose (bovins allaitants, ovins et caprins)
  • dans le cadre de plans de contrôle mis en oeuvre par les GDS (bovins laitiers : Ardennes et Ille et Vilaine).

    Des niveaux de séroprévalence contrastés

Que l’on considère la prévalence en termes de cheptels, en termes individuels ou intra-troupeaux, des tendances similaires se dessinent :

-  la séroprévalence diffère selon les départements concernés :

  • élevée dans le département des Ardennes où elle approche les 100% chez les bovins laitiers et allaitants (près de 100% d’élevages bovins séropositifs, 99% des animaux séropositifs dans l’ensemble de la population testée, 99% des animaux séropositifs intra-troupeau)
  • décroissant graduellement du Cher à l’Ille et Vilaine (gradient)

-  la séroprévalence diffère selon les espèces concernées :

  • elle est globalement supérieure dans les départements étudiés, chez les bovins par rapport aux petits ruminants, et supérieure chez les ovins comparativement aux caprins

A titre d’illustration : proportion de cheptels séropositifs :

-  Bovins allaitants : séroprévalence faible dans le Maine-et-Loire et l’Ille-et-Vilaine (2 à 4 %), élevée dans les départements du Centre (60 à 100 %), atteignant 100% dans les Ardennes,
-  Bovins laitiers : opposition entre une séroprévalence faible (4 %) en Ille et Vilaine et élevée dans les autres départements (proche de 100 %)
-  Ovins : séroprévalence variant de 0 (Ille et Vilaine) à 95 % (Ardennes)
-  Caprins : séroprévalence faible (0 à 8 %) dans l’ensemble des départements

Foyers établis sur la base de signes cliniques : la « partie immergée de l’iceberg »

Comme l’indique B. Durand (AFSSA Lerpaz), les données recueillies permettent de quantifier la part des infections qui sont passées inaperçues en 2007 dans la mesure où les élevages n’avaient pas fait de déclaration de foyer clinique.

- Dans les Ardennes, en arrière du front de l’épizootie, cette proportion varie de 35 à 41 % selon les espèces (soit a contrario, une forte proportion d’élevages ayant présenté des signes cliniques : 59 à 65 %).
- Dans les élevages du Centre, sur le front de l’épizootie, une large majorité des élevages (jusqu’à 80 – 90 %) sont séropositifs sans avoir notifié de foyer clinique.
- Pour autant que l’information soit disponible (peu d’élevages caprins et/ou ovins dans certains départements), il semble que les tendances observées chez les bovins puissent être étendues aux autres espèces.

Bilan : une situation très variable

Les résultats de l’étude montrent des situations très contrastées :
-  une quasi-saturation du système épidémiologique dans les Ardennes
-  un instantané de la situation sur le front de l’épizootie avec le gradient Cher–Ille-et-Vilaine.

La part des infections de cheptels passant inaperçues apparaît élevée, particulièrement sur le front de l’épizootie.

A l’échelle de l’élevage, il existe également une forte variabilité en termes de fréquence de cas cliniques et d’animaux séropositifs. Il semble que la pression d’infection joue un rôle non négligeable dans ce domaine (S. Zientara, AFSSA-ENVA). Il existe en outre une variabilité clinique individuelle dont on mesure mal l’importance (G. Meyer, INRA-ENVT).


Pour en savoir plus :

- Ci dessous : diaporama réalisé par Benoit DURAND (Afssa LERPAZ) et Fabienne BITEAU-COROLLER (Cirad) sur la "Prévalence sérologique en hiver 2007" et présenté au cours de la journée d’information et d’échanges sur la fièvre catarrhale ovine organisée par le Réseau Français pour la Santé Animale le 21 janvier 2009.

- Synthèse réalisée par Gina Zanella (AFSSA Alfort), Christophe Chartier (AFSSA Niort), Bernard Guérin (ACSEDIATE-LNCR) et Nathalie Pozzi (ACSEDIATE-LNCR) sur la Dynamique de la fièvre catarrhale de sérotype 8 au niveau de l’animal : observations de terrain.

- Synthèse réalisée par Gina Zanella (AFSSA Alfort), Fabienne Biteau (CIRAD) et Christophe Chartier (AFSSA Niort) sur les Caractéristiques cliniques de la fièvre catarrhale occasionnée par le virus de sérotype 8

Pièces jointes