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Accueil du site || Vecteurs || Les vecteurs et leur rôle || Persistance du virus pendant l’hiver : les vecteurs en question

On a pu constater au cours de ces dernières années la persistance du virus de la fièvre catarrhale d’une saison d’activité vectorielle à la suivante.

La survie du virus pendant la période d’inactivité vectorielle (on parle d’"overwintering”) conduit à s’interroger sur le rôle des vecteurs dans ce phénomène.

Chez les insectes vecteurs, la persistance du virus pourrait être liée :
- soit à la survie de moucherons adultes au cours de l’hiver,
- soit à la transmission du virus aux jeunes par voie transovarienne.

Selon T. Balenghien (CIRAD, UMR Contrôle des maladies, Montpellier), la transmission transovarienne n’a jamais, malgré de nombreux essais, été mise en évidence dans le modèle Culicoïdes/virus de la fièvre catarrhale ovine (FCO).

On considère donc actuellement qu’il n’y a pas de transmission transovarienne du virus de la FCO chez les Culicoïdes .

Passage de l’hiver à l’état larvaire ou à l’état adulte en fonction des régions et du climat

Dans le nord de l’Europe, les Culicoïdes passent l’hiver à l’état de larves (on constate une disparition des adultes).
En zone tropicale, les adultes se maintiennent toute l’année.
Entre ces 2 extrêmes, il y a bien sûr un continuum. Ainsi, en Corse, certaines années, on peut trouver des adultes toute l’année, et la période d’absence des adultes est plus longue à Strasbourg qu’à Biarritz.

Rôle des adultes dans le maintien du virus

Au nord de l’Europe

Durant les hivers 2006-2007 et 2007-2008, les systèmes de surveillance ont capturé, dans le nord de l’Europe, quelques adultes actifs (C. obsoletus/scoticus) en particulier à l’intérieur des bâtiments.

Il s’agissait en grande majorité de femelles nullipares (femelles n’ayant jamais pris de repas de sang).
Ces femelles ne présentent, en l’absence de transmission trans-ovarienne, aucun risque de transmission du virus ni ne peuvent servir à son maintien.

Plus au sud : sud de la France, Italie

A des latitudes plus basses, on peut trouver aussi quelques femelles durant l’hiver.

Elles peuvent être soit nullipares, soit pares c’est à dire ayant déjà pris un repas de sang.

Dans ce cas, on ne peut pas exclure que des femelles pares infectées à la “saison précédente” puissent conserver le virus durant l’hiver, et être à l’origine de quelques cas sporadiques.
Il a été montré au laboratoire que des Culicoïdes peuvent survivre jusqu’à 90 jours à différentes températures.

Néanmoins, en 2007, le virus a passé l’hiver dans des zones d’Europe du nord, où la très grande majorité des femelles capturées étaient nullipares et ne pouvaient servir au maintien du virus.

Conclusion

Le mécanisme par lequel le virus passe l’hiver n’est pas encore clairement connu, comme pour de nombreuses autres arboviroses.

L’alternative est le maintien du virus chez les vecteurs ou chez les hôtes (par exemple par une transmission verticale, possible mais rare).