Recherche

Accueil du site || Vecteurs || Les vecteurs et leur rôle || Vecteurs du virus de la fièvre catarrhale en Europe tempérée

Culicoides imicola, principal vecteur de la fièvre catarrhale en Europe méditerranéenne

En Europe méditerranéenne, C. imicola est considéré comme le principal vecteur du virus de la fièvre catarrhale ovine (FCO).

En témoignent :
- sa répartition et son abondance dans les élevages atteints par la FCO,
- l’isolement du virus à partir de femelles sauvages (en particulier en Italie)
- des études historiques démontrant son rôle vecteur ailleurs dans le monde

En Europe tempérée,
des espèces vectrices encore en cours d’identification

En Europe tempérée (où C. imicola est absent), l’identification des espèces vectrices du virus de la FCO n’est pas encore achevée et les données restent parcellaires.

Pour impliquer une espèce en tant que vecteur du virus de la fièvre catarrhale, plusieurs critères sont retenus.

Il faut ainsi que l’espèce suspectée :
- soit capable de se gorger sur des ruminants qui sont les hôtes du virus et sont impliqués dans le cycle de transmission de la maladie,
- soit en contact avec le virus dans les conditions naturelles : présence pendant les périodes de circulation virale et isolement du virus chez des insectes capturés sur le terrain,
- soit capable de s’infecter puis de transmettre le virus par piqûre (on parle de compétence vectorielle).

Présence en milieu infecté

Parmi les espèces présentes en Europe tempérée, Culicoides obsoletus/scoticus représentent les espèces dominantes dans de nombreux élevages (France, Royaume-Uni, Belgique, Allemagne). C. dewulfi (Pays-Bas) et C. chiopterus semblent être moins abondants, et ce, d’autant plus que les latitudes sont basses.

T. Balenghien indique cependant que les pièges lumineux utilisés classiquement pour échantillonner les populations de Culicoides, pourraient entraîner une sous-représentation de certaines espèces et en particulier des espèces diurnes. Ainsi en est-il de C. chiopterus. Il est par conséquent possible que les prochaines études recourrant à des captures sur appât permettent d’ajouter d’autres espèces à la liste des vecteurs potentiels du virus.

Isolement du virus

Du virus a été isolé d’individus des espèces C. obsoletus/scoticus dans le bassin méditerranéen (Italie). Ces espèces peuvent donc héberger du virus vivant.

Le virus a également été identifié chez des individus capturés sur le terrain appartenant aux espèces de Culicoides suivantes : C. dewulfi (Pays-Bas), C. chiopterus (France, Pays-Bas).

Transmission du virus et compétence vectorielle

Récemment, l’équipe de Pirbright a montré que des femelles C. obsoletus et C. scoticus étaient capables de s’infecter avec du virus de la fièvre catarrhale (le taux d’infection des Culicoides est toujours faible).
C. scoticus montre des niveaux de multiplication virale supérieurs à C. obsoletus.

Ainsi, en Europe tempérée, les principaux vecteurs potentiels du virus de la fièvre catarrhale appartiennent au sous-genre Avaritia (auquel appartient aussi C. imicola).

Ce sous-genre comprend :
- C. obsoletus et C. scoticus (souvent regroupés sous le terme C. obsoletus/scoticus),
- C. dewulfi,
- et C. chiopterus.

Parmi les autres espèces de Culicoides, des espèces du groupe Pulicaris ont également été impliquées dans la transmission du virus de la FCO (isolement de virus) en Italie, sachant qu’au laboratoire elles sont capables de s’infecter.
Néanmoins, ces espèces n’ont pour, l’heure, jamais été incriminées dans la transmission de la FCO en Europe tempérée.

Bio-écologie des espèces vectorielles

Il y a peu d’informations nouvelles concernant la bio-écologie de ces espèces.

On ne connaît toujours pas leurs gîtes de repos, c’est-à-dire les lieux où les femelles passent la majorité de leur temps (en dehors des phases de recherche d’hôtes ou de pontes).

Les sites de ponte sont connus depuis longtemps pour C. dewulfi et C. chiopterus et associés aux excréments des animaux : par exemple dans ou sous les bouses.
Ceux de C. obsoletus semblent plus ubiquistes, et sont associés à de la matière organique d’origine animale ou végétale en décomposition, tels que les abords du fumier ou de l’ensilage.
Ceux de C. scoticus ne sont pas précisément connus.

Implication des insectes hématophages dans la transmission de la fièvre catarrhale

Selon T. Balenghien, il n’existe pas de preuve de l’existence d’une transmission mécanique par des insectes hématophages non compétents pour multiplier le virus même si des études chez les vecteurs de pathogènes de plante montrent que la transmission mécanique pourrait être un mécanisme plus spécifique que ce qui était auparavant admis.
Les Culicoides, vecteurs "biologiques " (migration et multiplication du virus chez le vecteur), restent donc les seuls vecteurs avérés du virus de la fièvre catarrhale.


Pour en savoir plus :

- Surveillance de l’activité des Culicoides en France
- Les Cératopogonidae et la transmission de la fièvre catarrhale ovine
- Extension de la fièvre catarrhale en Europe
- Sur le site du CIRAD : Les Culicoides : notion de vecteur, morphologie, bio-écologie,...