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Accueil du site || Vecteurs || Méthodes de lutte || Traitements insecticides dans l’environnement
Il existe différents types de traitements insecticides applicables dans l’environnement qu’il s’agisse d’intervenir directement dans le milieu (ciblage des gîtes larvaires), dans et aux abords des bâtiments d’élevage, ou encore sur les véhicules de transport. Ces traitements ne sont toutefois pas anodins en particulier sur le plan écologique. Les différentes possibilités offertes aux éleveurs sont abordées et leur intérêt évalué.

Les insecticides répandus dans l’environnement peuvent viser soit la destruction des larves, soit celle des adultes.

Traitement des gîtes larvaires

Traiter, pour quel objectif ?

L’objectif d’une telle mesure est uniquement de limiter les populations de vecteurs.

Que peut on en attendre ?

- Le premier inconvénient et non des moindres d’un traitement larvicide vient d’un manque de connaissances sur les espèces de Culicoides vectrices de la fièvre catarrhale de sérotype 8, sur la biologie de leurs larves (très dépendante de l’espèce) et sur la localisation des gîtes larvaires.
- Les larves de Culicoides dewulfi ont été mises en évidence dans des bouses. De façon plus générale, les gîtes larvaires sont très diversifiés (bouses, boues, humus, matières organiques végétales ou animales,...) et difficiles d’accès : présence des larves dans les premiers centimètres de terre ou plus largement de substrats humides.
- Les essais réalisés à l’aide de larvicides biologiques se sont révélés inefficaces. Or, en l’absence de traitement sélectif, les risques encourus en terme d’impact environnemental sont considérés comme importants : toxicité à l’égard de la faune naturelle non ciblée.

[Le traitement contre les gîtes larvaires n’est, à l’heure actuelle, ni applicable, ni recommandable.]

Traitement des bâtiments, de leurs environs et des moyens de transport contre les Culicoides adultes

Traiter, pour quel objectif ?

L’objectif de ces traitements est de réduire la densité des populations de vecteurs. Le traitement des véhicules de transport est un élément de sécurisation des échanges et des mouvements d’animaux.

Que peut on en attendre ?

Les difficultés rencontrées sont similaires à celles identifiées pour la lutte contre les formes larvaires :
- Méconnaissance des sites de repos. On sait par exemple que les Culicoides se réfugient dans les étables pendant les périodes froides mais on ignore s’ils adoptent ce comportement pendant les mois d’été. On a également remarqué la présence de nombreux Culicoides sur des balles enrubannées ou bâchées. Sans doute, la chaleur, l’odeur, l’existence d’une fermentation participent elles à l’attraction des insectes.
- Absence d’efficacité prouvée des traitements employés.
- Manque de recul sur une possible toxicité pour la faune naturelle non ciblée.

Dans les abords des exploitations , la lutte contre les adultes par application d’insecticides apparaît donc comme inenvisageable.

Dans les bâtiments d’élevage , il est le plus souvent nécessaire pour appliquer les traitements d’intervenir hors de la présence des animaux, ce qui peut se révéler délicat notamment en élevages laitiers. Inversement, le traitement de bâtiments vides en période de pâturage a un intérêt limité, les insectes étant d’abord attirés par les animaux eux-mêmes. Enfin, les murs des étables sont souvent déjà aspergés par des insecticides rémanents pour lutter contre les mouches pendant les mois d’été. La question reste posée de l’intérêt d’un traitement hivernal (traitement conjoint des locaux et des animaux) ayant pour objectif d’interrompre le cycle de transmission du virus à cette période et d’éviter sa réapparition au printemps suivant.

En ce qui concerne les moyens de transport , un nettoyage après utilisation et un traitement insecticide avant une nouvelle utilisation participent à la réduction des risques lors des transactions commerciales et du transport.

Le traitement des locaux et des véhicules de transport peut participer à la sécurisation des transactions commerciales et de façon plus générale du transport.

Désinsectisation des bâtiments et moyens de transport

L’objectif de la désinsectisation qu’elle concerne les bâtiments ou les moyens de transport est notamment de sécuriser au mieux les déplacements des animaux.

Plusieurs cas sont considérés :
- le déplacement d’une zone réglementée vers une zone indemne : cas de transport de bovins de moins de 30 jours en vue de leur engraissement ou transhumances :

  1. Pour un déplacement en vue d’engraissement :les animaux peuvent être rassemblés dans des centres désinsectisés en zone réglementée. L’atelier d’engraissement de destination doit être un bâtiment fermé et désinsectisé préalablement.
  2. Pour une transhumance : les moyens de transport sont désinsectisés avant chargement et les animaux isolés à l’arrivée dans un bâtiment fermé préalablement désinsectisé.

- les manifestations (salons, foires, expositions) en zone réglementée : les véhicules de transport des animaux originaires de zone réglementée sont désinfectés avant le départ, ceux des animaux originaires de zone indemne lors de leur retour.

Selon la nature et les modalités de déplacements des animaux, ces mesures pourront s’accompagner d’actions complémentaires : traitements insecticides des animaux, durée de séjour sur les sites, dépistages virologiques ou sérologiques.

Désinsectiser : selon quelles modalités ?

La désinsectisation des logements des animaux ne peut être effectuée qu’à l’aide d’insecticides bénéficiant d’une autorisation de mise sur le marché. La liste des produits autorisés est disponible sur le site du Ministère de l’Agriculture.


Pour plus d’information :

  • Avis du comité scientifique de l’Agence Fédérale pour la Sécurité de la Chaîne Alimentaire (Belgique) sur les mesures de lutte contre la fièvre catarrhale ovine au moyen d’insecticides.
  • Note de Service de la DGAL en date du 14 novembre 2007 relative aux conditions de mouvements des ruminants sur le territoire national, dans le cadre des échanges communautaires et avec la Suisse.