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Accueil du site || Maladie et impacts || Symptomes et impacts || Typologie des signes cliniques de la fièvre catarrhale chez les bovins et les ovins

Une journée d’information et d’échanges sur la fièvre catarrhale ovine a été organisée dans le cadre du Réseau Français pour la Santé Animale (RFSA) le 18 Mars 2010.

Au cours de cette journée, une typologie des signes cliniques occasionnés par la fièvre catarrhale de sérotype 8 a été présentée par Emilie Gay de l’AFSSA Lyon.

La survenue de la fièvre catarrhale de sérotype 8 (FCO-8) dans le nord-ouest de l’Europe dès 2006 puis en France a correspondu avec la mise en évidence de manifestations cliniques relativement différentes de ce qui était décrit jusque là.

Dans une première approche, les signes cliniques (signes d’appel et tableau clinique) ont été décrits à dires d’experts.
Manquaient toutefois une description et une quantification des signes cliniques observés et de leur association.

Fréquence des foyers et des suspicions cliniques

Ce travail a pu être conduit grâce aux données collectées dans le département de la Meuse au cours de l’épizootie de 2007.
Elles ont été obtenues dans 1576 cheptels : 1319 troupeaux bovins, 391 troupeaux ovins et 97 troupeaux mixtes.

Un élevage était considéré comme positif lorsqu’au moins un animal était séropositif. Cela a concerné 98 % des cheptels bovins et 84 % des cheptels ovins.

Ont fait l’objet d’une suspicion clinique :

  • 2464 bovins dont 2025 ensuite confirmés positifs
  • 391 ovins dont 263 ensuite confirmés positifs

Typologie des tableaux cliniques

Les résultats ont confirmé une grande variabilité des tableaux cliniques.

Chez les bovins

Six signes sont toutefois apparus comme majoritaires :

  • Signes généraux :
    • Dépression
    • Hyperthermie
    • Amaigrissement
  • Signes locaux
    • Irritation du mufle
    • Jetage
    • Raideur des membres

La cyanose de la langue souvent considérée comme pathognomonique de l’infection n’a concerné que 3 % des cas.

Une typologie a été réalisée en fonction de l’association, la fréquence et de la gravité de ces signes.

Six groupes de fréquence sensiblement équivalente ont été identifiés :

  • une forme bénigne
  • une forme essentiellement podale
  • une forme pulmonaire
  • une forme classique grave associant signes généraux, œdème facial, jetage,...
  • une forme catarrhale
  • une forme peu spécifique avec davantage d’avortements et de problèmes de reproduction.

Chez les bovins suspects cliniquement mais non confirmés, on a pu constater les mêmes signes cliniques dans les mêmes fréquences (hors irritation du mufle).

Chez les ovins

Les signes cliniques étaient généralement plus fréquents mais aussi plus marqués (dans 80 % des cas) que chez les bovins.

En plus des 6 principaux signes déjà identifiés chez les bovins, ont été notifiés davantage de catarrhe, d’œdème de la face et de ptyalisme. 17 % des animaux faisant l’objet de suspicion clinique ont présenté une cyanose de la langue.

Six groupes ont été définis :

  • une forme aigüe et généralisée
  • une forme plus fruste mais caractérisée par une atteinte générale
  • une forme fruste avec atteinte générale mais sans signes caractéristiques
  • une forme "classique" (pathognomonique) aigüe
  • une forme caractérisée par des signes buccaux
  • une forme podale associée fréquemment à un amaigrissement

Là encore, en cas de suspicion clinique non confirmée, on a pu globalement constater les mêmes signes cliniques dans les mêmes fréquences (hors irritation du mufle et amaigrissement).

En ce qui concerne les mâles, des atrophies testiculaires sont signalées ainsi qu’une mauvaise qualité du sperme.

Diversité des signes et des tropismes tissulaires

Au cours de l’épizootie, ont été observés à la fois des signes généraux - peu caractéristiques- et des signes locaux d’apparition non systématique tels que le catarrhe, l’œdème de la face (mufle, bouche, yeux). Certains signes ont vraisemblablement été sous-estimés comme par exemple l’érythème mammaire.

On peut s’interroger sur la signification des formes frustes de la maladie : formes tardives ou au contraire, précoces de la maladie ?

Par ailleurs les similitudes entre les tableaux cliniques rapportés chez l’ensemble des animaux ayant fait l’objet de suspicion clinique, confirmés ou non, permet de s’interroger sur un éventuel défaut de sensibilité du test sérologique, possible par exemple en début d’infection.


Pour en savoir plus

  • Résumé de l’intervention d’Emilie Gay sur le site du RFSA (http://www.rfsa.net/) :
    http://www.rfsa.net/MANIFESTATIONS/2010/Resumes/EG.pdf
  • Signes cliniques de la FCO dus au sérotype 8 en France : synthèse présentée par Gina Zanella, Christophe Chartier et Fabienne Biteau-Coroller dans le numéro Hors série - Spécial FCO du Bulletin épidémiologique de l’AFSSA (voir dans le dossier "Magazines") :
    http://www.afssa.fr/Documents/BEP-mg-BE35-art4.pdf
  • Caractéristiques cliniques de la fièvre catarrhale occasionnée par le virus de sérotype 8 : synthèse et diaporama présentés au cours de la journée d’information et d’échanges sur la fièvre catarrhale ovine organisée par le Réseau Français pour la Santé Animale le 21 janvier 2009.

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