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Accueil du site || Maladie et impacts || Progression de l’épizootie || Evaluation de la vitesse d’avancée du front de l’épizootie en 2007 - 2008

Une journée d’information et d’échanges sur la fièvre catarrhale ovine a été organisée dans le cadre du Réseau Français pour la Santé Animale (RFSA) le 18 Mars 2010.

Au cours de cette journée, Maryline Pioz a présenté les premiers résultats d’une étude sur la dynamique spatio-temporelle de l’épizootie.

Ce travail constitue la première étape d’une étude plus complète visant à rechercher l’impact des facteurs écologiques dans les variations de la vitesse de progression du front.

Modélisation de la vitesse d’avancée du front

L’avancée du front a été appréhendée de la manière suivante :

  • recensement des communes dans lesquelles au moins un foyer (existence de cas cliniques) a été notifié en 2007 ou 2008 : 10994 communes concernées,
  • prise en compte de la date d’apparition du 1er cas clinique pour chaque commune,
  • exclusion de la période d’inactivité vectorielle (janvier à mars 2008) dans l’analyse en faisant l’hypothèse d’une absence de progression du front à cette période.
  • modélisation de la vitesse de progression de l’épizootie fondée sur une méthode "d’analyse des surfaces de tendance" (TSA).

La qualité du modèle appliqué a été évaluée : le modèle explique 85% des variations observées de la date d’apparition clinique de la maladie dans les communes.

Caractérisation de l’avancée du front

Des isolignes ont été définies. Elles relient les zones géographiques correspondant à une même date d’apparition clinique de la FCO telle qu’estimée par le modèle.
L’écartement entre deux isolignes consécutives correspond à un pas de temps d’un mois.
Une augmentation de la distance entre deux isolignes est synonyme d’une augmentation de la vitesse d’avancée du front.

On constate que :

  • Le front a progressé en « tâche d’huile » à partir de la frontière franco-belge.
  • L’épizootie a avancé au sein de couloirs préférentiels.
  • Certaines communes ont été atteintes en arrière du front plusieurs semaines après le passage de l’infection. Ce peut être la conséquence d’une détection tardive de l’infection et/ou d’une transmission plus tardive de la maladie par des Culicoides infectés.

La vitesse de progression du front varie selon la saison et la zone géographique. La vitesse estimée par le modèle varie de 0,8 et 6 km/jour :

  • Moyenne 1,7 km/jour,
  • Vitesse inférieure à 3 km/jour dans 95 % des cas.

Une vitesse de progression de 2 à 3 km par jour est compatible avec les vitesses de dissémination des vecteurs et des mouvements des animaux sur des périmètres limités (changements de pâtures par exemple).
Des vitesses supérieures de l’ordre de 4 à6 km par jour suggèrent une implication du vent dans le transport des vecteurs et/ou le rôle du déplacement d’animaux infectés.

Perspectives

A l’issue de cette étape de modélisation, les facteurs susceptibles d’influer sur la vitesse de progression de l’épizootie vont être identifiés.
Il peut s’agir des mesures de police sanitaire (restriction des mouvements d’animaux, vaccination), de facteurs associés à la densité et à la conduite d’élevage ou en relation avec l’écologie des Culicoides.


Pour en savoir plus :