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Accueil du site || Maladie et impacts || Incidence sur la reproduction || Fertilité perturbée chez les races laitières en 2007 et 2008

Alors que sur le plan génétique, les générations de vaches les plus récentes présentent de meilleures aptitudes fertilité que leurs aînées, les résultats obtenus en matière de reproduction n’ont pas forcement été "à la hauteur" en 2007 et 2008.

Impact des fluctuations du prix du lait ? Incidence de l’épizootie de fièvre catarrhale ? P. Le Mézec et al. explorent ces différentes possibilités.

Le bilan de la fertilité des trois principales races laitières françaises (montbéliarde, normande et prim’holstein) a été dressé en se fondant sur les performances de reproduction des femelles inséminées au cours des campagnes 1999 à 2008.

L’analyse montre que les campagnes 2007 et 2008 se démarquent des précédentes par plusieurs aspects.

Des taux de réussite en recul en 2008

La campagne 2008 a été caractérisée par un recul du taux de réussite dans les trois races :

  • principalement pour les génisses en races montbéliarde et prim’holstein,
  • plutôt chez les vaches en race normande.

Les situations rencontrées en 2008 sont très contrastées selon les régions, avec des écarts qui vont de 36 % à 55 % suivant les départements.

Ces différences locales résultent classiquement d’une combinaison de facteurs tels que la race dominante, la saisonnalité, les systèmes alimentaires ou les niveaux d’intensification. On constate toutefois que le taux de réussite à l’insémination a été plus altéré dans les régions affectées le plus tôt par la fièvre catarrhale.

Une mise à la reproduction retardée en 2007 et 2008 ?

L’intervalle vêlage ‐ insémination première a été allongé de 2 à 4 jours en 2007 dans les trois races étudiées. A titre d’exemple, il est passé pour les vaches montbéliardes de 76 jours (valeur stable depuis environ 10 ans) à 80 en moyenne en 2007, pour revenir à 79 jours en 2008.

Par rapport à 2006, dans les trois races, la proportion de vaches mises à la reproduction pour la première fois plus de 90 jours après leur vêlage est en augmentation (entre +1,9 et +3,6 %).

Une dégradation conjointe de la fécondité

La fécondité s’est également dégradée. En 2007 comme en 2008, le délai vêlage - insémination fécondante a augmenté, cet allongement résultant à la fois de celui du délai vêlage - insémination première et du manque de succès de l’insémination première.

2007 et 2008, années particulières : un effet FCO ?

Les années 2007 et 2008 se sont donc avérées particulières.

-  Un contexte particulier sur le plan économique comme sur le plan sanitaire

Plusieurs facteurs ont pu intervenir et influer sur les résultats de reproduction :

  • un contexte de prix du lait déstabilisé, favorable à la production en 2007 puis difficile en 2008, pouvant être à l’origine :
    • d’une adaptation de la conduite des troupeaux (et plus spécifiquement de la reproduction) au marché,
    • du maintien dans les exploitations d’animaux initialement destinés à la réforme.
  • la progression de la fièvre catarrhale à partir de l’Est du pays à l’origine, chez les femelles infectées, d’une probable baisse de la fertilité (mortalités embryonnaires tardives ou fœtales).

-  Comparaison entre deux zones diversement affectées par la FCO

Pour tenter d’identifier l’effet de la FCO, une comparaison entre deux régions différemment touchées a été menée sur la période 2004-2008 :

  • zone Est marquée par l’apparition de la maladie au cours de l’été 2007,
  • zone Ouest, considérée comme non affectée à cette même période (touchée uniquement à l’automne 2008) et assimilée à une zone "témoin".

Dans les races Montbéliarde comme Prim’holstein, on a observé :

  • des différences d’évolution des taux de réussite des inséminations premières entre les vaches de la zone Est et celles de la zone Ouest,
  • pour les périodes mai-août et septembre-décembre 2007, une diminution des taux de réussite d’environ deux à trois points par rapport à la même période de 2006.

Par la suite les taux de réussite reviennent à leur niveau de comparaison « habituel ».

Un approfondissement est nécessaire pour mieux cerner cet effet, notamment par l’étude des retours et le prolongement de l’observation des taux de réussite jusqu’à fin 2008.

Si la FCO a eu un effet négatif sur la reproduction, les vaches de l’Est de la France, où l’on retrouve la majorité des montbéliardes, ont été les premières exposées. La comparaison de leurs résultats avec ceux des vaches de la zone Ouest, touchées plus tardivement, montre en effet un recul des indicateurs de fertilité marqué dès l’été 2007.

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