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Accueil du site || Maladie et impacts || Diagnostic de laboratoire || Etat des lieux sur le diagnostic sérologique de la fièvre catarrhale

Une journée d’information et d’échanges sur la fièvre catarrhale ovine (FCO) a été organisée dans le cadre du Réseau Français pour la Santé Animale (RFSA) le 18 Mars 2010.

Au cours de cette journée, E. Albina a fait le point sur les techniques sérologiques disponibles et présenté l’intérêt et les limites des tests de séroneutralisation.

L’infection des animaux par le virus de la FCO se traduit par la production d’anticorps qui peuvent reconnaître :

  • des antigènes communs aux orbivirus,
  • des antigènes spécifiques du sérogroupe,
  • des antigènes spécifiques d’un sérotype.

Différentes techniques sont disponibles pour les mettre en évidence :

  • la fixation du complément est une technique un peu désuète,
  • l’immunodiffusion en gélose croise avec le dépistage de l’EHDV [1],
  • l’ELISA de compétition est la méthode la plus sensible, la plus spécifique et la plus robuste. Elle détecte les anticorps spécifiques du sérogroupe FCO mais ne permet pas de différencier les animaux infectés des animaux vaccinés.

Les tests ELISA

Tous les tests ELISA employés en routine sont basés sur la détection d’anticorps dirigés contre la protéine VP7 présente dans la capside interne du virus et très conservée entre sérotypes.

En France, cinq trousses commerciales ont été agréées par la DGAl après contrôle par le Laboratoire National de Référence sur la sérologie (CIRAD [2])

Leur liste est consultable sur le site internet du ministère de l’agriculture et de la pêche à l’adresse suivante :
http://agriculture.gouv.fr/sections/thematiques/sante-protection-animaux/maladies-animales/fievre-catarrhale-ovine/diagnostic-analytique/.

Deux types de tests sont employés :

  • des ELISA de compétition  :
    Ces tests recourent à un anticorps monoclonal dirigé contre la VP7 (absence de coloration en cas de positivité). Ils permettent la détection des anticorps 14-21 jours post-infection.
  • des ELISA sandwich  :
    Dans ce cas, l’anticorps à détecter est d’abord fixé à l’antigène VP7 adsorbé au fond des plaques plastiques, puis révélé par un second antigène soluble, couplé à une enzyme.
    Ces tests, plus récents, permettent une détection plus précoce (dès 7 jours post-infection) et sont plus sensibles.

En France, du fait de la vaccination de masse, les tests sérologiques ne sont pratiquement plus réalisés.

Le laboratoire National de Référence réalise des essais inter-laboratoires annuels (36 laboratoires concernés) depuis 2002. Leur fréquence est désormais triannuelle (prochain essai prévu en 2011).

Séroneutralisation virale et typage

-  Principe

Les épreuves de séroneutralisation virale ne sont pas référencées dans le manuel de l’OIE. Elles reposent sur le principe de l’interaction d’anticorps contre les protéines de la capside externe du virus FCO (VP2 et VP5).
Ces anticorps préviennent la pénétration et donc la multiplication du virus dans les cellules sensibles.

Ces tests font appel à des sérums spécifiques des 24 sérotypes viraux et permettent de typer le virus isolé. Des réactions antigéniques croisées entre sérotypes peuvent néanmoins être observées.

-  Surveillance sentinelle en Corse

Depuis 2005, en Corse, des prélèvements mensuels sont réalisés sur des veaux âgés de 6 à 12 mois afin d’évaluer la circulation virale.
Les prélèvements trouvés positifs ou douteux sont envoyés au CIRAD pour séroneutralisation.

En 2004 et 2005, on a assisté à de nombreuses séroconversions puis leur fréquence a diminué.

En 2008, 119 prélèvements sur 6400 ont été trouvés positifs, soit 1,9%.
En 2009, 228 prélèvements sur 4000 ont été trouvés positifs, soit 5,7%.

55 sérums ont fait l’objet d’analyses complètes pour les 6 sérotypes identifiés en Corse (-BTV-1, 2, 4, 8, 9 et 16).

Certains veaux étaient positifs pour plusieurs sérotypes. On a pu constater en particulier :

  • une association des réactions positives de séroneutralisation vis-à-vis des sérotype 1 et 8,
  • une corrélation entre les résultats obtenus pour les sérotypes 2, 4, 9 et 16.

Plusieurs hypothèses peuvent être formulées pour expliquer ces résultats :

  • un manque de fiabilité de la séroneutralisation,
  • l’existence de réactions sérologiques croisées hors cadre,
  • la vaccination ou l’infection par les sérotypes 1 et 8,
  • autres ?

En pratique, lors du dernier essai interlaboratoire communautaire, une grande hétérogénéité de résultats a été obtenue avec le test de séroneutralisation : 0% de résultats conformes pour les 8 laboratoires participants...

La standardisation de cette technique constitue un réel problème et fait l’objet d’un travail en cours.
L’existence de réactions croisées entre les sérotypes européens doit être étudiée.


Pour en savoir plus :

- Intervention d’Emmanuel Albina, Catherine Cêtre-Sossah, Colette Grillet, Aurélie Pédarrieu (CIRAD) sur le site du RFSA (http://www.rfsa.net/) :

- Résultats préliminaires en matière de diagnostic sérologique différentiel

- Tests sérologiques recommandés par l’Organisation Mondiale de la Santé Animale (manuel terrestre de l’OIE, sixième édition, 2008) :
http://www.oie.int/fr/normes/mmanual/pdf_fr/Volume%201_pdf/Chap%202.1.3._Fi%C3%A8vre%20catarrhale_2008.pdf

notes:

[1] EHDV : virus de la maladie hémorragique épizootique

[2] CIRAD : centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement

Pièces jointes