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Accueil du site || Vecteurs || Les vecteurs et leur rôle || Diversité des espèces de Culicoides

Contexte de la surveillance des Culicoides

On a assisté à une remontée vers le nord des populations de Culicoides imicola vers le nord depuis 1998, laquelle a été associée à une extension de la fièvre catarrhale (FCO) dans le bassin méditerranéen. L’apparition puis la transmission de la FCO de sérotype 8 depuis 2006 ont cependant été observées dans des zones où C. imicola était absent témoignant de l’implication d’autres espèces vectrices.

La surveillance des populations de Culicoides a été initiée au début des années 2000 (première capture de Culicoides imicola en Corse en septembre 2000) et résulte d’un partenariat entre le CIRAD [1], l’université de Strasbourg-IPPTS [2] et l’EID-Méditerranée [3].

Elle a d’abord concerné la Corse (suivi de la population de C. imicola) et le littoral méditerranéen (détection de l’arrivée des vecteurs sur le continent). Le dispositif mis en place a permis de détecter la présence de C. imicola dans le Var en 2004 puis, par la suite, dans la vallée de l’Argens.

Le réseau de surveillance

L’entomosurveillance est fondée sur des piégeages (recours à des pièges lumineux). En 2007-2008, le réseau comportait 60 pièges.

Le réseau s’est ensuite étendu suite à l’évolution de la situation épidémiologique de la France vis-à-vis de la FCO. Ce sont actuellement 160 pièges qui sont répartis sur l’ensemble du territoire à raison de 1 à 2 pièges par département.

Grâce à l’entomo-surveillance, il s’agit de :

  • faire l’inventaire des espèces de Culicoides,
  • connaître leur répartition spatiale, suivre leur dynamique de population,
  • déterminer les dates de début et fin d’activité.

Les piégeages sont assurés par les services vétérinaires avec des délégations aux GDS, aux éleveurs,... Le tri et l’identification des espèces puis l’enregistrement des informations sont réalisés par l’UDS, le CIRAD et l’EID-Méditerranée. Le CIRAD coordonne l’ensemble du dispositif et émet une lettre d’information tous les 3 mois environ à destination de ses partenaires.

Les résultats de 2009

Le réseau fonctionne bien : 96 % des prélèvements prévus ont été reçus et 91 % des prélèvements reçus ont été identifiés...
Le rythme des piégeages varie en fonction des périodes et peut être hebdomadaire ou mensuel.

A ce jour, environ 4000 prélèvements ont été réalisés. A raison de 250 Culicoides en moyenne par prélèvement, cela représente plusieurs millions de Culicoides à identifier.

-  Activité vectorielle

La dynamique saisonnière est très variable :

  • selon les espèces,
  • pour une même espèce, d’une année à une autre ou d’une région à une autre.

Ainsi, en Corse, l’activité vectorielle peut être pratiquement continue. L’activité vectorielle a repris à partir de l’extrême Sud-Ouest du territoire (fin février) puis a concerné la façade atlantique et fin mars-début avril le littoral méditerranéen. Mi avril, presque tout le territoire national était concerné (exception faite du Massif Central).

Les dates de début et de fin d’activité des Culicoides semblent ainsi fortement corrélées à la température et varient selon la région.

-  Diversité des espèces

La diversité des Culicoides dépend de la zone éco-climatique.

En 2009, 69 espèces de Culicoides ont été capturées et identifiées (à comparer aux 1300 espèces connues dans le monde !).

Une grande partie des espèces identifiées appartient au sous-genre Avaritia.
A l’intérieur de ce sous-genre :

  • C. imicola représente moins de 5 % des prélèvements et est surtout abondant en Corse et dans le Var,
  • le complexe Obsoletus (C. obsoletus, C. scoticus et C. montanus) est le plus représenté (70 - 80 % des spécimens),
  • C. dewulfi et C. chiopterus ont également été identifiés.
  • enfin, un mâle de C. abchazicus a été capturé en 2009.

Il s’agit là d’une collection de référence. Au-delà des aspects taxonomiques, les travaux engagés (étude des différences de répartition, modélisation de la distribution, description de la dynamique des populations, combinaison entre cartes de distribution et abondance) ont un intérêt indiscutable pour la prédiction du risque. Il s’agit notamment de mettre en relation les variables météorologiques et la dynamique des populations.

Un suivi entomologique aux multiples applications

- Les modèles d’émergence montrent à la fois l’extension vers le nord de l’aire de distribution de Culicoides imicola et l’importance des vecteurs autochtones dans l’introduction et la transmission de virus,
- Le réseau de surveillance entomologique répond à la fois aux exigences réglementaires et permet la collecte d’informations importantes sur les caractéristiques et la dynamique des populations vectorielles,
- Les observations réalisées et modèles développés devraient permettre de mieux comprendre la transmission du virus de la FCO en relation avec les conditions environnementales et météorologiques.


Pour en savoir plus :

  • Problématique et enjeux de l’identification des espèces vectrices de la FCO en France : synthèse réalisée par Denis Augot, Jérôme Depaquit (AFSSA) dans le numéro Hors série - Spécial FCO du Bulletin épidémiologique de l’AFSSA (voir dans le dossier "Magazines") :
    http://www.afssa.fr/Documents/BEP-mg-BE35-art2.pdf
  • La surveillance des Culicoides en France : synthèse réalisée par Thomas Balenghien (CIRAD), Claire Garros , Bruno Mathieu, Marie-Laure Setier-Rio, Xavier Allène, Laëtitia Gardes, Ignace Rakotoarivoany, Roger Venail, Aziza Akaddar, Marie Drouet, Thierry Baldet, Jean-Claude Delécolle, dans le numéro Hors série - Spécial FCO du Bulletin épidémiologique de l’AFSSA (voir dans le dossier "Magazines") :
    http://www.afssa.fr/Documents/BEP-mg-BE35-art3.pdf
notes:

[1] Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement

[2] Institut de Parasitologie et de Pathologie Tropicale de Strasbourg

[3] Entente interdépartementale pour la démoustication du littoral méditerranéen

Pièces jointes