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Accueil du site || Mouvements || Conditions de mouvements : quelles modulations envisageables ?
L’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (AFSSA) a été saisie le 30 Mars 2010 par la Direction générale de l’alimentation (DGAl) sur la gestion des mouvements des ruminants dans le cadre de la fièvre catarrhale ovine dans deux situations précises : pour les jeunes animaux , ou en cas d’apparition d’un nouveau sérotype avec absence à court ou moyen terme de vaccins disponibles à grande échelle

Rappel du Groupe d’expertise collective d’urgence (Gecu) :

Le Gecu rappelle que, dans un contexte de présence en Europe de sérotypes pathogènes du virus de la FCO :
- les déplacements de ruminants d’une zone infectée vers une zone indemne, qui ne respecteraient pas les mesures prévues par l’OIE et les règlementations européennes et nationales, entraîneraient un risque élevé de propagation du virus ;
- le respect des mesures règlementaires conduit à réduire significativement ce risque, sans toutefois l’annuler.

Conditions envisageables
pour les mouvements des jeunes animaux

- La règlementation européenne en vigueur exige que, pour les mouvements en provenance d’une zone règlementée, les animaux âgés de moins de 90 jours aient été « confinés depuis leur naissance dans un espace protégé des vecteurs » (Règlement CE/1266/2007 art. 9 bis).

Les difficultés de mise en œuvre de telles mesures ont conduit à la négociation de protocoles bilatéraux (avec l’Italie, l’Espagne et la Belgique), qui prévoient d’autres conditions de mouvements pour les jeunes animaux et permettent de lever les exigences de confinement.

- La Commission n’étant pas favorable au maintien de tels protocoles bilatéraux, des solutions alternatives doivent être envisagées.

Dans son avis, le Gecu prend en compte :

  • la protection conférée par la vaccination contre les virus de sérotypes 1 et 8 suite à la campagne généralisée en 2009,
  • l’existence, suite à la vaccination, d’une immunité active (pour les animaux vaccinés eux-mêmes) ou passive (pour les jeunes issus de mères vaccinées),
  • l’acquisition, suite à la prise de colostrum, d’une immunité passive de un à trois mois chez les jeunes issus de mères vaccinées.

- Dans ce contexte, les mouvements d’une zone infectée vers une zone indemne, de jeunes bovins et ovins dont l’âge ne permet pas d’être vaccinés, pourraient être autorisés si ces animaux sont à la fois :

  • nés de mères vaccinées contre les sérotypes 1 et 8 de la FCO [1] ;
  • issus de troupeaux dont tous les animaux en âge d’être vaccinés l’ont été (en période d’inactivité vectorielle).

Si les conditions relatives à la vaccination ne peuvent être réalisées, se référer au point suivant.

Conditions envisageables
en cas d’apparition d’un nouveau sérotype pathogène

-  Contexte :

  • apparition d’un nouveau sérotype pathogène qui n’aurait pu être circonscrite des mesures d’urgence (Avis Afssa 2008-SA-0329),
  • absence de vaccin disponible.

- Dans ce cas, deux moyens d’actions pourraient être envisagés :

  • protéger les animaux vis-à-vis des vecteurs : confinement et/ou traitements insecticides (Avis Afssa 2009-SA-0188) ;
  • vérifier que les animaux transportés ne sont pas infectés, à l’aide d’analyses virologiques de type PCR :
    • PCR réalisée avant le départ : résultat permettant de s’assurer d’une absence d’infection jusqu’à huit à dix jours avant la date du prélèvement sanguin,
    • PCR réalisée 8 à 10 jours après l’arrivée : résultat permettant de s’assurer qu’il n’y a pas eu infection dans les jours précédant ou pendant le transport.

La protection vis-à-vis des vecteurs est nécessaire (maintien en bâtiments fermés, traitements insecticides des animaux, désinfection et désinsectisation des véhicules) dans l’attente des résultats d’analyse :

  • avant départ : pour limiter l’exposition des animaux aux vecteurs,
  • à l’arrivée : pour limiter la contamination de vecteurs et d’animaux de la zone d’arrivée, dans le cas où les animaux transportés seraient arrivés infectés.

-  Ces recommandations pourraient être modulées mais si et seulement si le système d’épidémiosurveillance appliqué est efficace, fiable et s’il permet de connaître la situation épidémiologique en temps réel, ce qui n’est pas le cas en France à l’heure actuelle.

Ces modulations pourraient être les suivantes :

  • en période d’inactivité vectorielle [2], une dérogation à l’analyse virologique d’arrivée pourrait être envisagée ;
  • si l’exploitation d’origine des animaux est située à une distance suffisamment grande [3] du foyer le plus proche de FCO dû au nouveau sérotype, des dérogations au confinement, à l’analyse de départ et à celle d’arrivée pourraient être envisagées.
notes:

[1] (femelles ayant reçu le nombre d’injections vaccinales nécessaires au moins 30 jours avant la mise-bas)

[2] date de début d’inactivité vectorielle éventuellement différente selon les régions

[3] distance de sécurité de l’ordre de 150 kilomètres du foyer le plus proche