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Accueil du site || Prévention || Mesures générales de gestion || Evaluation des modalités de surveillance de la fièvre catarrhale

L’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) a été saisie le 9 avril 2010 par la Direction générale de l’alimentation (DGAl) d’une demande d’avis relatif à la surveillance du territoire continental français au regard de la fièvre catarrhale ovine (FCO).

Le Groupe d’expertise collective d’urgence « Fièvre catarrhale ovine » vient de rendre public son avis.

Rappel : Modalités actuelles de la surveillance de la fièvre catarrhale ovine (FCO) sur le territoire national

-  Objectif de la surveillance :

  • Détection d’une prévalence de 2% avec un intervalle de confiance de 95%.
  • Réponse aux exigences européennes de surveillance de la FCO (Règlement européen 1266/2007 du 26 octobre 2007 et règlements suivants).

-  Mise en œuvre :

  • La campagne de vaccination obligatoire mise en œuvre sur le territoire national impose une surveillance basée sur des analyses virologiques.
  • L’unité de base choisie pour la maillage est le département :
    • Réalisation de 150 prélèvements mensuels par département, de préférence sur des bovins.
    • Trois modalités possibles :
      • Élevages sentinelles : 10 à 15 prélèvements par mois à réaliser dans 10 à 15 exploitations sélectionnées ;
      • Prélèvements aléatoires, réalisés lors de visites vétérinaires pour d’autres motifs que la FCO ;
      • Prélèvements aléatoires réalisés en abattoir sur des animaux issus du département.
  • Transmission à un laboratoire vétérinaire départemental agréé.
  • Génotypage (recherche des sérotypes 1 et 8 en France continentale) en cas de résultat positif en PCR et envoi au laboratoire national de référence si le résultat du typage est négatif à la fois pour le sérotype 1 et le sérotype 8.

Évaluation du dispositif de surveillance actuel

- Le groupe d’expertise a d’abord analysé l’évolution de la situation épidémiologique :

  • l’incidence annuelle identifiée en 2010 est faible : dernier foyer dû au sérotype 1 : 14 juin 2010 et dû au sérotype 8 : 3 novembre 2009).
  • le nombre d’animaux infectés en 2010 pourrait être compris entre zéro et quelques milliers à dizaines de milliers soit un taux de prévalence d’animaux infectés de l’ordre de 0,01% à 0,1%

- Il a pris en compte :

  • le fait que deux-tiers des 83 foyers détectés en 2009 l’ont été à la suite de suspicions cliniques,
  • la forte probabilité d’observer des foyers cliniques (même peu nombreux) en cas de maintien de la circulation virale, dans la mesure où, à ce jour, le taux de couverture vaccinal atteint 80 % chez les bovins mais seulement 37 % chez les ovins et 1% chez les caprins.

-  Par conséquent :

  • La capacité de la surveillance actuelle en France à détecter une circulation virale résiduelle de FCO dépend donc en grande partie de la vigilance des acteurs de terrain, éleveurs et vétérinaires, pour envisager une suspicion clinique et la soumettre à confirmation par le laboratoire.
  • Si le % d’animaux ARNémiques est inférieur à 2% (ce qui devrait être le cas dans la plupart des départements français du territoire continental), la probabilité de déceler une circulation virale résiduelle à l’aide du dispositif de surveillance active actuel (150 prélèvements par mois et par département) devient inférieure à 95 %.

En outre, il faut considérer les limites de réalisation pratique du dispositif de surveillance puisqu’à l’heure actuelle :

  • les nombres de prélèvements prévus ne sont atteints que dans une proportion de 60 % ;
  • à cause des difficultés pratiques, l’échantillon n’est pas représentatif ;
  • les animaux prélevés sont parfois vaccinés ;
  • le taux d’animaux infectés peut être, dans différents départements, bien inférieur au taux de prévalence limite de 2%.

Ainsi, le système actuel ne permet a priori pas de détecter, en 2010, "une circulation virale résiduelle" à tout moment et en tout point de l’Hexagone.

A noter : pour 2011, l’évaluation du dispositif de surveillance en pourra être réalisée qu’au regard des résultats épidémiologiques obtenus à fin 2010.

Perspectives d’évolution du système de surveillance

-  Suivi spatiotemporel de la circulation du virus : un objectif peu réaliste

Dans le contexte probable de très faible circulation virale en 2010, le groupe d’expertise considère comme "illusoire de pouvoir connaître avec précision où et quand circule le virus de la FCO en France à l’aide d’échantillons aléatoires sur tout le territoire".

A titre d’illustration, pour une prévalence de 0,1 % et un intervalle de confiance de 95 %, il faudrait environ 3000 prélèvements mensuels par département (soit environ 270 000 prélèvements mensuels pour 90 départements) ce qui paraît à la fois peu réaliste et peu pertinent en termes d’amélioration de la situation sanitaire.

-  Définition d’un objectif qualitatif de détection de la circulation virale

Le groupe d’expertise préconise un objectif de surveillance moins ambitieux, uniquement qualitatif, visant à mettre en évidence (ou non) la circulation du virus dans l’Hexagone.

Pour ce faire, il faudrait :

  • cibler les zones où la probabilité de circulation est la plus élevée (ie où une circulation virale a été identifiée au cours des mois précédents),
  • effectuer les prélèvements exclusivement sur des animaux non vaccinés (par exemple des animaux de plus de six mois et de moins d’un an, au moment de la vaccination), plutôt que de faire des prélèvements en abattoir,
  • centraliser et analyser en temps réel les résultats de la surveillance active, mission qui pourrait être confiée aux laboratoires nationaux de référence.

Pour 2011, l’objectif et les modalités de l’épidémiosurveillance ne peuvent être déterminés qu’en fonction de l’évolution de la situation en 2010.

Pièces jointes