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Accueil du site || Prévention || Mesures générales de gestion || Avis de l’Anses relatif à la surveillance du territoire continental français au regard de la FCO

L’Agence nationale de la sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a été saisie le lundi 13 septembre 2010 par la Direction générale de l’alimentation (DGAl) d’une demande d’avis relatif à la surveillance du territoire continental français au regard de la fièvre catarrhale ovine (FCO).

Le Groupe d’expertise collective d’urgence (GECU) « Fièvre catarrhale ovine » vient de rendre public son avis.

Cet avis fait suite à l’Avis AFSSA du 30 juin 2010 (Saisine N°2010-SA-0107) sur le même sujet, qui préconisait de revoir les objectifs et les modalités de la surveillance en 2011 en fonction de l’évolution de la situation en 2010.

Contexte

Le règlement communautaire (CE) 1266/2007 prévoit la mise en œuvre d’une surveillance de la FCO dans les zones règlementées.

Le système français actuel de surveillance active repose sur la réalisation d’analyses virologiques (visant à détecter le génome viral par RT-PCR) et son objectif est la détection d’une prévalence de 2% avec un intervalle de confiance de 95%.

  • l’unité de base choisie pour le maillage est le département : 150 prélèvements mensuels doivent être réalisés et analysés dans chaque département depuis juillet 2009 ;
  • les animaux choisis doivent être préférentiellement des bovins, dans la mesure du possible non vaccinés.

Une modification du dispositif en place pourrait maintenant être envisagée au regard :

  • de la situation épidémiologique, qui s’est fortement améliorée en 2009 et en 2010 (83 foyers notifiés en 2009 et un seul en 2010) ;
  • du taux de couverture vaccinale obtenu au cours de la campagne 2009-2010 ;
  • des résultats de la surveillance actuelle ;
  • du règlement (CE) 1266/2007 qui prévoit que la surveillance active peut s’appuyer sur un suivi ciblé fondé sur les risques.

Situation épidémiologique en Europe et en France

- La situation épidémiologique en Europe du Nord est jugée favorable et en nette amélioration par rapport aux années précédentes, notamment dans les pays voisins de la France.

- En Europe du Sud, l’évolution est également favorable, mais dans une moindre mesure.

- En France continentale, la situation épidémiologique paraît également favorable, mais les résultats fournis par la surveillance active indiquent que du génome du virus de la FCO a cependant été identifié par PCR durant la période comprise entre juin 2010 et décembre 2010 (période ciblée car la plus représentative de la circulation virale 2010), et d’après les données disponibles :

  • la participation des départements à la surveillance active est très variable et le taux de réalisation des prélèvements prévu est parfois inférieur à 20%,
  • selon les départements, la proportion de résultats non négatifs (avec une valeur de CT élevée, comprise entre 28 et 35, et donc ne correspondant pas à la définition d’un foyer) varie de 0 à près de 9%,
  • après typage, 94 résultats s’avèrent positifs dans 28 départements : (16 en BTV 1, 78 en BTV 8).

Identification des zones du territoire dans lequel le risque est plus important

Suite aux constats faits, il est demandé à l’Anses de se prononcer sur deux types de risque :

- le risque d’introduction d’un nouveau sérotype (exotique)

Le sérotype qui paraît actuellement le plus menaçant est le BTV 4 ; mais à ce jour, le GECU estime ne pas être en mesure de déterminer des zones à risque du territoire continental au regard de l’introduction de ce sérotype ou d’un autre sérotype exotique.

- le risque de circulation des sérotypes déjà identifiés (BTV 1 et BTV 8)

D’après les données précédentes actuellement disponibles en matière de surveillance active, le GECU propose deux cartes de départements considérés comme les plus à risque en matière de circulation virale pour 2011, en se basant sur le taux de réalisation des prélèvements et la proportion de résultats non négatifs :

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Protocole de surveillance à mettre en place au sein de ces zones à risques

Le GECU rappelle que le protocole de surveillance est étroitement dépendant de l’objectif visé.

Il recommande que dans les départements jugés à risque, le protocole suivant soit appliqué :

  • prélèvements sur des ruminants domestiques non vaccinés, bovins de préférence ;
  • réalisation de 150 prélèvements par mois, au sein de cheptels sentinelles répartis sur l’ensemble du département ;
  • réalisation, dans les meilleurs délais, des analyses virologiques et de l’interprétation de leurs résultats ;
  • en cas d’obtention d’un résultat d’analyse virologique non négatif, mise en œuvre d’une enquête épidémiologique pilotée de préférence par le Laboratoire national de référence.

Pour en savoir plus :

Pièces jointes