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Accueil du site || Prévention || Vaccination : impacts, pharmacovigilance || Impacts de la vaccination contre la fièvre catarrhale ovine sur la reproduction et la production de lait en élevage ovin lait
La propagation rapide de la Fièvre Catarrhale Ovine (FCO) en France à partir de 2007 a conduit les autorités françaises à mettre en place un plan de vaccination afin de limiter l’ampleur des épizooties (sérotype 8 au nord, sérotype 1 au sud, sérotypes 2, 4 et 16 en Corse) et les conséquences économiques immédiates de ces infections. Les professionnels de la filière laitière ovine, se fondant sur le précédent d’impacts cliniques de la vaccination dirigée contre le virus de sérotype 16 (vaccin vivant) conduite en Corse en 2004, se sont alors interrogés sur les effets potentiels d’une telle stratégie vaccinale sur les performances des ovins en termes de reproduction et de production laitière.
Pour répondre à ces interrogations, une étude a été réalisée en s’appuyant sur les données issues des bassins de production des Pyrénées-Atlantiques et du Rayon de Roquefort.

L’objectif de cette étude était de mesurer les possibles effets de la vaccination sur la reproduction et la production laitière (quantité et qualité) en troupeaux ovins laitiers.

Base de données

Les informations gérées dans le cadre du système d’information en élevage ovin lait (SIEOL) ainsi que les données disponibles dans les centres de collecte de semences et dans les Interprofessions régionales Lait de Brebis ont été mobilisées et ont porté sur :

  • reproduction : la fécondance des mâles, la fertilité des brebis,
  • production : la quantité et la qualité (TB, TP, concentrations cellulaires) du lait livré.

Les dates de vaccination des élevages ont par ailleurs été recueillies auprès des services vétérinaires.

Principaux résultats

L’analyse, portant sur un grand nombre d’élevages, met en évidence un effet assez limité de la vaccination contre la FCO (sérotypes 1 et 8).

-  En matière de reproduction :

  • Légère baisse de la fécondance du sperme des béliers environ 7 semaines après la vaccination,
  • Moindre fertilité à l’insémination animale pour les brebis vaccinées au moment de la période d’insémination.

Ce résultat correspondant à la campagne de vaccination 2008, n’est peut être pas extrapolable. Par son ampleur très limitée, il permet toutefois de relativiser l’effet éventuel sur la reproduction.

-  En matière de production :

Aucun effet significatif n’a été observé sur la quantité, la composition et les comptages de cellules somatiques du lait produit dans les jours qui suivent la vaccination.
Ces résultats sont donc rassurants. Toutefois, les tendances observées ne permettent pas de conclure de façon définitive sur un éventuel effet de la vaccination FCO. Elles mériteraient d’être confortées sur d’autres campagnes de vaccination ou au travers d’études dédiées.

Conclusion

Ces résultats, même partiels, incitent à préconiser une vaccination avant ou bien après les luttes :

  • vaccination des béliers (béliers présents dans les centres d’insémination artificielle (IA) mais aussi béliers utilisés pour la monte naturelle dans les élevages) au moins 2 mois avant les luttes ou après la période de lutte. Pour les béliers en CIA, la meilleure période se situe après la campagne d’IA.
  • recommandation d’éviter si possible de vacciner les brebis dans une période de 45 jours avant à 30 jours après l’IA .

Les tendances observées dans cette étude mériteraient d’être confirmées par des études adaptées qui permettraient notamment de différencier l’effet de l’acte de vaccination de l’effet propre d’une vaccination contre la FCO.

Pièces jointes