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Accueil du site || Maladie et impacts || Progression de l’épizootie || Avis de l’Anses - Saisine n°2015-SA-0226 - relatif à « l’évaluation du risque lié à la réapparition du sérotype 8 de la FCO en France continentale »

Dix questions avaient été posées aux experts dans le cadre de la saisine 2015-SA-0226 (« Evaluation du risque lié à la réapparition du sérotype 8 de la FCO en France continentale »).

Les experts du Groupe d’expertise collective en urgence ont présenté leurs conclusions.

- Origine de la résurgence : le plus probable est qu’elle soit liée à la persistance de la circulation virale de la FCO à BTV-8 à bas bruit, dans le cheptel français (réponse à la question 1).

La reprise et la progression de l’infection au printemps, au-delà de la zone réglementée, sont très probables à la fois en France et dans les pays voisins (réponse à la question 2),

- En réponse à l’interrogation sur l’existence lors d’une vaccination par le vaccin Calier (PRIMUN BLUETONGUE S1-8 ONE SHOT), d’une immunité vaccinale assez fiable pour permettre la sortie des ovins de zone réglementée avec un risque faible à négligeable avant le délai de 42 jours, il est indiqué que la firme a fait une demande de modification de l’AMM avec une mise en place de l’immunité à 33 jours. Ce délai a été retenu pour les sérotypes 1 et 8 et le Résumé des Caractéristiques du Produit a été modifié en conséquence (réponse à la question 3).

- La probabilité de dissémination de la maladie via le mouvement d’un animal non vacciné issu de zone réglementée à destination de zones indemnes qui se réalise dans les conditions de dérogation décrites dans la note de service 2015-944*, en date du 06/11/2015, est estimée qualitativement de 1 à 2 sur une échelle de notation de 0 à 9 (qualifiée de «  quasi-nulle » à « minime ») (réponse à la question 4). Cette probabilité serait nulle en période d’inactivité vectorielle (réponse à la question 5).

*dérogation générale basée sur une désinsectisation puis dépistage PCR avant le départ, puis une désinsectisation et un confinement des animaux à l’arrivée en zone indemne, suivi d’un dépistage PCR au bout de 14 jours.

- Aucun nouveau protocole de désinsectisation plus fiable et plus faisable que les protocoles existants n’est proposé. Il convient toutefois que ces protocoles soient appliqués dans les règles de l’art et que le confinement des animaux soit respecté (réponse à la question 6),

-  La probabilité de s’infecter pendant le transport des animaux en provenance de zone indemne ne transitant que 24h par une zone réglementée entre le mois de novembre et le mois de mars en ayant respecté le protocole de désinsectisation et une application du produit 24 heures avant le transport, est estimée qualitativement entre 1 et 2 sur une échelle de notation de 0 à 9 (qualifiée de « quasi-nulle à minime » ), lors de températures supérieures à 10°C, et nulle dans les autres cas (réponse à la question 7)

-  Une vaccination à "visée sanitaire collective" permettant de contrôler l’extension de la maladie, impossible compte tenu du stock envisagé de doses vaccinales disponible (4 à 8 millions de doses). Il est donc proposé d’essayer de limiter au mieux l’étendue de la FCO en réservant de manière prioritaire cette vaccination dans la zone règlementée à des bovins de moins de trois ans* non destinés à la boucherie au cours de cet hiver (réponse à la question 8).

*Il est tenu compte de deux aspects :

  • 1) l’absence de protection par une immunité d’origine vaccinale ou naturelle contre la FCO des animaux de 3 ans et moins qui constituent des points critiques dans le cadre de la lutte contre l’extension de la maladie ;
  • 2) le rôle épidémiologique des bovins en raison de leur virémie plus longue par rapport aux ovins et la nécessité de réserver les vaccins pour les animaux pouvant jouer un rôle de réservoir au moment de la reprise de l’activité vectorielle ce qui exclut ainsi les bovins partant pour la boucherie au cours de l’hiver.

- Une vaccination individuelle des animaux destinés à quitter la zone réglementée vers une zone indemne diminue la probabilité (déjà estimée quasi-nulle à minime) de dissémination de la maladie via les mouvements d’animaux mais ne réduit en aucun cas la diffusion de la maladie par des Culicoides infectés, ce qui ne serait envisageable que par une vaccination collective généralisée (réponse à la question 9).

-  Trois campagnes de vaccination successives (dont 2 comptabilisées à partir de l’absence de mise en évidence d’une circulation virale de FCO en France) auraient une probabilité de réussite non négligeable pour la prévention du risque de résurgence de la maladie , dans la mesure où le taux de couverture vaccinale des bovins et des ovins serait le plus proche possible de 100 % avant la reprise de l’activité vectorielle. Ces mesures seraient d’autant plus efficaces qu’elles seraient accompagnées d’un système de surveillance suffisamment performant (réponse à la question 10).

Si l’objectif d’éradication de la FCO était retenu, les experts recommandent de mettre en place une surveillance suffisamment efficace, tant en termes de sensibilité (précision des résultats assurée par un nombre de prélèvements suffisant, choix pertinent des animaux- application d’une limite d’âge, animaux prélevés à distance de leur vaccination- etc...), qu’en termes de traitement des données collectées.
Pour ce dernier aspect, il est en effet fortement souhaitable que l’ensemble des résultats de cette surveillance puisse être centralisé et analysé en temps réel au plan national.
Ces mesures seront d’autant plus efficaces que les directives données seront suivies et respectées sur le terrain.
Par ailleurs, si une politique d’éradication était conduite via la mise en place de campagnes de vaccination obligatoires, les experts recommanderaient de suivre précisément l’évolution de la situation épidémiologique pendant et après cette période.

Pièces jointes